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Les îles Galápagos : l’Archipel Volcanique de Charles Darwin

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Situé à environ 1000 km des côtes de l’Amérique du Sud, l’archipel des Galápagos est une province insulaire située au niveau de l’équateur. Particulièrement connues pour l’extraordinaire diversité de leur faune et de leur flore, les îles Galápagos sont un lieu unique au monde. C’est d’ailleurs la visite de cet archipel qui a inspiré à Charles Darwin sa célèbre théorie de l’évolution. Mais ce n’est pas seulement pour cette raison que ce lieu est si exceptionnel. Comment ces îles se sont-elles formées ? Quelles espèces peut-on y rencontrer ? Les îles Galápagos sont-elles menacées ?

Un « point chaud » à l’origine des îles Galápagos

Les 127 îles et îlots qui composent les Galápagos ont commencé à émerger il y a seulement 3 millions d’années. Comparées à l’âge des autres archipels, les îles Galápagos sont donc récentes. L’histoire géologique de ces îles a débuté au fond de l’océan Pacifique.

Les Galápagos sont des îles volcaniques. Elles surplombent trois plaques tectoniques (Nazca, Cocos et Pacifique) et sont situées au-dessus ce que les géologues nomment un « point chaud ». C’est-à-dire une remontée profonde et chaude de matière issue du manteau terrestre : le magma. Une fois arrivé en surface, il perce la croûte terrestre océanique et des volcans se forment au fond des océans. Une succession d’éruptions volcaniques sous-marines va se produire pendant des millénaires jusqu’à atteindre la surface de l’océan et s’élever à l’air libre : une île volcanique se forme.

Le « point chaud » des Galápagos, âgé de plus de 70 millions d’années, est toujours situé au même endroit : il est fixe. En revanche, la plaque tectonique de Nazca se déplace chaque année d’environ 5 cm vers l’est. Ce mouvement horizontal de la plaque, d’ouest en est, est à l’origine du chapelet d’îles volcaniques des Galápagos. Les îles les plus anciennes sont donc situées à l’est, comme celles d’Española et de Cristóbal qui se sont formées il y a trois millions d’années. Leurs volcans sont éteints et sont fortement érodés. Certaines des îles les plus vieilles sont même immergées. En comparaison, les îles localisées à l’ouest sont plus jeunes. Les deux plus grandes, Isabela et Fernandina, ont moins d’un million d’années. Leurs volcans sont actifs et sont toujours en formation.

Une biodiversité exceptionnelle

Les îles Galápagos abritent l’une des plus grandes biodiversités au monde. Elles sont un exemple unique des processus d’évolution et d’adaptation de la faune et de la flore en milieu insulaire. Les espèces qui y vivent seraient originaires d’Amérique du Sud. Au fil du temps, elles se seraient adaptées pour répondre aux besoins climatiques et géographiques : vents, courants marins, nourritures, reliefs, etc. En fonction des spécificités de chaque île, on y retrouve donc des espèces et sous-espèces uniques au monde.

Une faune terrestre et aquatique endémique

La situation géographique unique des Galápagos en fait un refuge pour la faune. L’archipel abrite une grande variété d’animaux. Les espèces terrestres les plus connues sont les tortues géantes et les iguanes. Mais il y a aussi d’autres animaux tels que les cormorans aptères, les otaries à fourrure, les pélicans bruns, et les dizaines d’espèces et sous-espèces d’oiseaux. Quant aux espèces aquatiques, les scientifiques ont identifié 2909 variétés. Grâce aux courants marins à la fois chauds et froids, le plancton est abondant. De nombreux poissons viennent s’y nourrir : des requins, des requins-baleines, des baleines géantes, des lions de mer, des raies ou des dauphins.

Selon l’Unesco, 18,2 % des espèces présentes sur les îles Galápagos sont dites endémiques. Cela signifie qu’elles n’existent nulle part ailleurs sur la planète. Mais ce qui est encore plus étonnant, c’est le nombre de sous-espèces qui résident dans l’archipel. Par exemple, on retrouve sur l’île Isabella, cinq espèces de tortues géantes. Chacune vit sur son propre volcan.

Les îles Galápagos abritent l’une des plus grandes biodiversités au monde. Elles sont un exemple unique des processus d’évolution et d’adaptation de la faune et de la flore en milieu insulaire.

Autre exemple : celui qui a aidé Charles Darwin à construire sa théorie de l’évolution. Lors de sa visite en 1835, il a notamment étudié les 13 sous-espèces de pinsons des Galápagos, un type d’oiseau. Chaque sous-espèce vit sur une île différente. Comme les îles sont trop éloignées, ces pinsons ne peuvent pas se déplacer et se reproduire entre eux. Ils ont donc dû s’adapter à leur environnement pour se nourrir et pour survivre. Les différentes sous-espèces n’ont pas la même alimentation. Certains pinsons mangent des fleurs de cactus, d’autres boivent le sang de grands oiseaux marins. Pour s’adapter à leur régime alimentaire, les becs de ces oiseaux n’ont pas la même forme d’une île à l’autre. Ainsi, des variétés de pinsons ont des becs fins et pointus pour attraper facilement les insectes tandis que d’autres ont des becs courts et épais pour casser les grosses graines ou les noix.

De nombreux animaux, principalement dans les fonds marins, restent encore à identifier. Les explorations continuent de révéler de nouvelles espèces sur cet archipel exceptionnel.

Une flore singulière

Comme les îles Galápagos sont éloignées du continent sud-américain, la flore y est assez rare. Les graines des plantes doivent parcourir plus de 1000 km avant de coloniser l’archipel. Il faut donc compter sur la force du vent, sur les oiseaux ou sur l’arrivée des êtres humains pour que la végétation puisse pousser.

De plus, les îles sont constituées de roches volcaniques. Elles sont, par conséquent, très arides et la majorité de la flore ne peut pas survivre dans de telles conditions. Cependant, quelques plantes ont réussi à s’adapter à cet environnement.

Comme pour la faune, il existe peu d’espèces différentes, mais de multiples sous-espèces. En effet, chaque île possède son propre climat et ses propres reliefs, et donc une végétation spécifique. Il y pousse près de 625 sortes de plantes indigènes. Ce sont des plantes déjà présentes dans le milieu et qui ont poussé sans intervention humaine. On trouve par exemple différents types de cactus (cactus géants, cactus de lave), du pourpier et dans l’océan, de nombreux coraux.

La flore endémique est présente en grande quantité sur ces îles. Par exemple, sur les 500 types de plantes vasculaires (qui possèdent des vaisseaux transportant de l’eau), 180 sont introuvables ailleurs dans le monde. Parmi elles, on retrouve les arbres à marguerite ou des variétés de tomates.

Bien que la majorité des espèces soient endémiques, on recense aussi sur l’archipel plus de 500 espèces introduites par l’homme comme les arbres fruitiers (oranges, citron, goyave), les avocats et l’herbe à éléphant.

Sur les côtes, on trouve également plusieurs types de mangroves : des forêts immergées. Elles ont développé des racines aériennes pour permettre aux arbres de respirer. Elles constituent un écosystème à part entière, car elles offrent un refuge à diverses espèces d’oiseaux et de poissons, qui peuvent se reproduire, à l’abri des prédateurs.

Cet écosystème fragile doit aujourd’hui faire face à de nombreuses menaces.

De nombreuses menaces environnementales

Les menaces qui planent sur les îles Galápagos sont à la fois humaines et naturelles. Le tourisme de masse, la surpêche, l’introduction d’espèces invasives ou encore la pollution menacent les écosystèmes fragiles des différentes îles de l’archipel.

Par exemple, les êtres humains ont introduit de nombreux animaux et plantes tels que le chat et le bétail. Ils n’ont pas de prédateurs, se reproduisent vite et deviennent des prédateurs pour les espèces endémiques des différentes îles. Parmi les espèces déjà éteintes, on retrouve la chouette effraie de Floreana, le rat géant de Santa Cruz, l’iguane jaune de Santiago et les tortues géantes de Fernandina. La pêche illégale est également une grande menace pour les animaux marins. Au XIXe siècle, des dizaines de milliers d’otaries à fourrure et près de 100 000 tortues ont été tuées.

Le littoral des îles Galápagos doit faire face au tourisme de masse.
Afin de protéger la biodiversité du tourisme de masse, l’accès à de nombreux sites est restreint. Crédit photo : Jose, Adobe Stock

Mais l’archipel présente aussi ses propres dangers. Après la fin des dernières éruptions, les volcans s’érodent et s’effondrent sur eux-mêmes. Un atoll avec un lagon apparaît et finit par être englouti par l’océan. Ainsi, de nombreuses espèces ne peuvent pas migrer et finissent par s’éteindre.

Le phénomène climatique « El Niño » est également une menace pour la biodiversité de l’archipel. Il provoque des précipitations inhabituelles et réchauffe les eaux en surface. Tandis que certaines espèces profitent de cette source de chaleur, d’autres ne peuvent pas s’adapter et sont amenées à disparaître.

Des mesures de protection efficaces

Malgré ces différents dangers, les Galápagos ne figurent plus sur la liste des sites menacés. Depuis la fin des années 1950, des mesures de protection efficaces ont été mises en place pour préserver la biodiversité.

En 1959, 97 % de la superficie terrestre (7 665 100 hectares) des îles a été reconnue comme parc national des Galápagos. Les 30 000 habitants doivent résider sur les 3 % restants et sont regroupés sur cinq îles. En 1986, la partie maritime de l’archipel a été déclarée réserve marine des Galápagos. La taille de la réserve a été étendue au fil des ans pour mesurer actuellement 133 000 km carrés. Ce qui en fait la deuxième plus vaste réserve au monde après la Grande Barrière de corail en Australie.

De plus, une loi encadre la pêche et la surexploitation des ressources marines des Galápagos depuis 1986. Elle figure dans la constitution de la République d’Équateur depuis 1998. Enfin, depuis 1978, les îles sont déclarées site naturel du Patrimoine Mondial par l’UNESCO. La réserve marine a rejoint le bien en 2001.

L’intensification du tourisme met également en péril la biodiversité. Avec 170 000 visiteurs par an, le Gouvernement équatorien a dû réglementer les visites et les croisières. Des itinéraires précis ont été mis en place et certains sites ne peuvent plus être explorés.

Tous ces éléments démontrent la richesse exceptionnelle de l’archipel des Galápagos. Sa géologie et sa biodiversité si singulières en font un lieu unique au monde, à préserver. Les futures évolutions des îles viendront sûrement confirmer davantage la théorie de l’évolution de Charles Darwin. Avant de disparaître complètement, ces espèces vont tenter de s’adapter à leur nouvel environnement, avec succès ou non…

 


RETENEZ


  • L’archipel des Galápagos a commencé à émerger il y a seulement 3 millions d’années grâce à un « point chaud ».
  • Les îles Galápagos abritent de nombreuses espèces endémiques comme les tortues géantes ou les cactus de lave.
  • Charles Darwin a élaboré sa célèbre théorie de l’évolution après son passage dans l’archipel.
  • Le gouvernement équatorien a su mettre en place des mesures de protection efficaces pour protéger la biodiversité fragile de cet archipel.

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