Les oiseaux en voie de disparition constituent aujourd’hui l’un des défis majeurs de la conservation de la biodiversité. Près de 10 000 espèces d’oiseaux sont recensées dans le monde offrant une diversité aviaire exceptionnelle. Du moineau domestique à l’aigle royal, la faune aviaire peuple tous les écosystèmes terrestres et aquatiques. Seulement, une grande partie de ces populations d’oiseaux est en déclin, avec une part croissante d’espèces menacées d’extinction. Que ce soit dans les forêts, dans les jardins, dans les champs ou en mer, les observations ornithologiques révèlent un constat alarmant : le nombre d’individus observés est en nette baisse. Pourquoi y a-t-il de moins en moins d’oiseaux ? L’avifaune est-elle réellement en danger ? Quelles sont les causes et les conséquences d’un tel appauvrissement des populations aviaires ? Si les activités humaines sont responsables de la disparition des oiseaux, l’adoption de politiques environnementales et la mise en œuvre de solutions de protection aux quatre coins de la planète offrent des perspectives pour sauver les espèces d’oiseaux menacées.
Les oiseaux en voie de disparition : un triste bilan
La disparition des oiseaux est un phénomène plutôt discret, mais bien présent. Les institutions gouvernementales et les organisations privées, à l’instar de la Birdlife International, observent les populations d’oiseaux et procèdent à des comptages qui permettent ensuite de lister les oiseaux en voie de disparition, avec une distinction entre les espèces menacées et celles qui sont en réel danger d’extinction. Les chiffres sont évocateurs. Aucune région du monde et aucun type d’habitat ne sont épargnés.
Des chiffres alarmants sur l’appauvrissement de l’avifaune à travers le monde
Actuellement, 49 % des espèces d’oiseaux sont en déclin sur l’ensemble de la planète. Sur les 10 000 espèces d’oiseaux estimées dans le monde, un nombre alarmant est menacé de disparition.
Selon BirdLife International :
- 1409 espèces menacées
- 231 espèces en danger critique d’extinction
- 187 espèces disparues depuis 1500
Ces chiffres ne concernent pas seulement les oiseaux rares, mais englobent aussi les races communes et largement répandues sur la surface du globe. C’est le cas du macareux moine, de la sterne arctique, de l’aigle impérial, de la bécassine des marais et bien d’autres.

L’inquiétude porte non seulement sur la disparition d’espèces, mais aussi sur la baisse du nombre d’individus, même chez les espèces non menacées. Ce déclin équilibre des écosystèmes, les populations animales n’évoluant pas à la même vitesse. Par exemple, l’hirondelle des cheminées, qui mange beaucoup de moustiques, a perdu 43 % de sa population en France en 10 ans, tandis que les moustiques, notamment les espèces invasives, se multiplient.
Les régions du monde les plus touchées par la désertification des espèces aviaires
Sur le plan mondial, ce sont des centaines d’espèces d’oiseaux qui sont sur le point de disparaître. D’après BirdLife International, 40 % de la population d’oiseaux insectivores, dont les martinets, hirondelles, moucherolles et engoulevents, ont disparu entre 1966 et 2013 en Amérique du Nord. Les races emblématiques de la région ne dérogent pas à la règle : le pygargue à tête blanche, le dindon sauvage, le pélican blanc, le faucon pèlerin et le condor de Californie font partie de la liste des oiseaux en voie de disparition.

L’Australie, où vivent environ 750 espèces d’oiseaux endémiques, est un autre exemple révélateur du déclin de l’avifaune. Une variété sur six est menacée d’extinction dans cette partie du globe. C’est le cas du perroquet vert de l’île de Norfolk, le méliphage régent et le casoar à casque. Plus globalement, ce sont toutes les régions du monde qui subissent cette hécatombe, avec tout de même une prédominance du phénomène dans les zones où le réchauffement climatique est le plus intense et les couloirs de migration des oiseaux.
Cartographier les oiseaux en voie de disparition en France
Les oiseaux occupent tout type d’environnement, c’est-à-dire aussi bien les forêts que les champs, les milieux aquatiques et les jardins, hors la menace qui pèse sur eux est présente dans chacun de ces habitats. Toutefois, les oiseaux de mer restent les plus touchés au niveau mondial avec une centaine de variétés impactées, dont 19 d’entre elles en danger d’extinction.
En France, les macareux moine, très présents en Bretagne, sont sur le point de s’éteindre. Sur 8000 couples recensés en 1950, il n’en restait que 130 en 2016. Malheureusement, ce n’est pas la seule espèce des milieux aquatiques en danger sur le sol français : le grèbe jougris, le harle huppé, la sterne arctique et la bécassine des marais viennent agrandir la liste des oiseaux aquatiques en voie de disparition en France.

Dans les forêts aussi, les oiseaux disparaissent. C’est le cas du pic tridactyle qui affectionne les forêts du Jura, du Doubs et de Savoie. Ce volatil discret, qui passe son temps à chercher ses proies dans les troncs d’arbre morts, est inscrit sur la liste des espèces bientôt éradiquées.
Les plaines de France ne sont pas épargnées par le dépeuplement de l’avifaune. Moins connu du grand public, le ganga cata, présent dans la plaine de Crau (Bouches-du-Rhône), a vu sa population fortement diminuer ces dernières décennies. Il ne resterait plus que 200 couples actuellement.
Et que sont devenues les petites mésanges bleues qui occupaient les jardins ? Même si l’espèce n’est pas officiellement classée sur la liste des oiseaux menacés d’extinction, sa population ne cesse de décliner au point qu’un arrêté ministériel de 2009 la classe comme espèce protégée. Ces quelques exemples sont une infime partie des variétés d’oiseaux qui sont en danger, la liste est malheureusement très longue.
Les causes de la disparition des oiseaux
La disparition massive des oiseaux dépasse le cadre des processus naturels ordinaires. Les causes sont, dans la grande majorité des cas, d’origine anthropique. Certaines d’entre elles sont directes, comme la chasse, et d’autres plus indirectes, comme la :
- culture intensive ;
- déforestation ;
- développement industriel ;
- construction d’infrastructures.
Une intensification des cultures et des pratiques agricoles au détriment des oiseaux
L’agriculture est très répandue sur la planète, et pour cause, elle permet de nourrir les huit milliards d’habitants qui vivent actuellement sur terre. Les besoins en production sont tels que pour obtenir de gros rendements, les agriculteurs sont contraints d’utiliser à grande échelle des engrais, des pesticides, des herbicides et autres produits chimiques. Mais à quel prix ? Les oiseaux sont les plus impactés par cette pratique intensive, au point où l’agriculture devient la première responsable de l’extinction des oiseaux. Plus de 1 000 espèces différentes seraient concernées par une destruction massive liée aux pratiques agricoles inappropriées.

Plusieurs points noirs sont identifiés dans le développement des cultures. Par leur toxicité, les pesticides contaminent et tuent les oiseaux qui viennent s’y alimenter. De manière indirecte, les insectivores voient le nombre de proies diminuer à cause de l’épandage d’insecticides. Même constat pour les rapaces qui ne trouvent plus assez de rongeurs et de petits oiseaux. Au-delà des contaminations directes et de la raréfaction de la nourriture, la destruction des habitats pose également problème. Le besoin croissant de cultiver de nouvelles terres conduit à la transformation des prairies en champs de culture et les haies ou bosquets, fréquents lieux de nidification, sont arrachés.
Une déforestation massive et des incendies dévastateurs
Chaque année, sept millions d’hectares de forêt sont détruits, privant les oiseaux forestiers de leur habitat. Il s’agit de la deuxième cause de disparition de l’avifaune dans le monde. Pourquoi la déforestation prend-elle une part si importante dans le déclin des populations aviaires ? Tout simplement parce que deux tiers des espèces d’oiseaux vivent dans les forêts. Au-delà de la surexploitation forestière par l’homme, les incendies contribuent également à la perte de milliers d’oiseaux. Ce phénomène, de plus en plus fréquent et intense en raison du changement climatique, est une menace inquiétante pour la faune, y compris les oiseaux. Avec la recrudescence de feux de forêts, 191 espèces d’oiseaux déjà menacées se trouvent désormais dans une situation encore plus critique.

Une pollution liée à la suractivité industrielle et à l’urbanisation
Si certaines causes de disparition chez les oiseaux sont insidieuses, d’autres sont nettement visibles. Le naufrage du pétrolier l’Erika en 1999 et la marée noire qui a suivi ont marqué les esprits par l’engluement de milliers de cormorans, mouettes et autres oiseaux aquatiques dans les rejets d’hydrocarbures. Même si aucun chiffre exact n’a pu être annoncé, 150 000 à 300 000 individus auraient péri dans cette catastrophe pétrolière d’après la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). Plus de 25 ans après la catastrophe, de nouveaux cadavres d’oiseaux sont découverts sur les plages où a eu lieu le déversement d’hydrocarbures. Le lien a été vite établi, ce sont bien les débris du pétrolier gisant sur les fonds marins qui refont surface à cause d’une tempête d’une intensité exceptionnelle. Des fuites pourraient encore avoir lieu à l’avenir, faisant de nouvelles victimes et montrant la gravité des dérives de l’activité humaine.
L’industrialisation représente elle aussi une menace pour la faune, les oiseaux étant parmi les plus vulnérables face à ses effets. Ces activités polluent à la fois l’atmosphère, le sol et l’eau. L’urbanisation pose également problème dans le maintien d’une avifaune abondante. L’étalement des zones résidentielles, la construction de routes et d’infrastructures laissent de moins en moins de place aux oiseaux dans un environnement de plus en plus bétonné. Une telle urbanisation engendre non seulement la diminution d’habitats pour les oiseaux, mais aussi des collisions avec certaines constructions et une pollution visuelle (éclairage artificiel) qui perturbe les espèces nocturnes. Par exemple, les gratte-ciel en verre, comme à New York ou à Toronto, sont responsables chaque année de la mort d’un milliard d’oiseaux.
Un profond changement climatique qui impacte la vie des oiseaux
Ces menaces sont interconnectées : en favorisant le réchauffement climatique, la pollution participe indirectement elle aussi au déclin des oiseaux. La Terre s’est réchauffée de 1,1 degré depuis l’industrialisation du XIXe siècle. Pire, cette valeur pourrait atteindre les 3 degrés d’ici 2100 si cette dynamique perdure. Certaines espèces d’oiseaux se sont adaptées à ces dérèglements climatiques et migrent vers des terres plus favorables.
Toutefois, ce changement d’attitude a ses limites :
- modification des périodes de reproduction ;
- création d’une concurrence avec d’autres espèces, notamment sur l’alimentation et la nidification ;
- instauration de nouvelles relations avec les prédateurs.
Les effets de ce bouleversement climatique s’observent surtout chez les oies migratrices. Ces volatiles arrivent trop tôt sur leur lieu de ponte et ne bénéficient pas encore d’une nourriture suffisamment abondante pour nourrir les oisillons destinés à une faible espérance de vie.
Autre phénomène visible : la sédentarisation de certaines espèces, le raccourcissement de leur trajet migratoire ou la modification de la durée de migration (cigognes, canards, grues). Ces comportements ne sont pas toujours profitables aux oiseaux. La variabilité des hivers représente aussi un danger : une saison trop froide peut entraîner la mort d’un grand nombre d’individus.
Photo : La cigogne, un oiseau de plus en plus sédentaire avec le réchauffement climatique
Chasse non régulée et pêche intensive : les oiseaux en première ligne
La chasse et la pêche sont des activités qui sont loin d’être anodines dans la destruction des populations d’oiseaux. Le braconnage est encore bien présent dans certaines régions du monde. Malgré le renforcement des dispositifs de protection de la faune, la chasse illégale et le piégeage causent la mort de nombreux oiseaux. Le but de cette manœuvre est de se nourrir, mais l’alimentation n’est pas la principale motivation des braconniers. Ceux-ci capturent des oiseaux dans le but d’en faire des animaux de compagnie et alimentent des réseaux de commerce locaux et internationaux. Au-delà des pratiques illégales, la chasse légale a elle aussi causé d’importants dégâts sur les populations d’oiseaux. En 500 ans, la chasse a fait disparaître 50 espèces d’oiseaux et actuellement, cette activité humaine en menace encore plus de 500 autres.
La pêche est également dans le viseur. Les oiseaux capturés accidentellement dans les filets ou par les appâts constituent des dommages collatéraux de la pêche. Moins visible, mais réelle, la collision avec les câbles des chalutiers représente un danger significatif pour les oiseaux marins. Enfin, pour faire face à une demande croissante en poisson, les pêcheurs doivent de plus en plus exploiter les zones côtières, perturbant la nidification des oiseaux de bord de mer. Sur une année, la pêche tue ainsi des centaines de milliers d’oiseaux et la dérive des pratiques d’exploitation ne fait qu’accroître le phénomène.
Actuellement, 49 % des espèces d’oiseaux sont en déclin sur l’ensemble de la planète. Les oiseaux en voie de disparition révèlent l’impact dévastateur de l’agriculture intensive et de la déforestation.
L’importance des oiseaux dans le cycle de la vie terrestre et les effets de leur déclin
Toutes les causes de déclin des oiseaux, aussi nombreuses soient-elles, ont forcément des conséquences désastreuses sur les écosystèmes car l’oiseau est un animal qui a une grande importance dans la biodiversité et dans la survie de l’espèce humaine.
La prolifération de ravageurs par manque d’oiseaux prédateurs
La prédation figure parmi les rôles les plus importants des oiseaux. Sans eux, l’ensemble des écosystèmes serait déséquilibré, laissant proliférer les nuisibles. Les insectivores, comme les hirondelles, les pics, les mésanges, participent activement à la régulation des populations d’insectes qui ravagent les cultures. De même, les rapaces contrôlent le nombre de rongeurs qui eux aussi font des ravages dans le monde de l’agriculture. Malheureusement, de nombreuses variétés de ces prédateurs font partie des oiseaux en voie de disparition et la priorité des hommes est désormais de les protéger car le rôle écologique des oiseaux est incontestable : une perte importante de leurs effectifs mettrait sérieusement en péril la biodiversité si essentielle à la vie sur terre.
L’oiseau, un véritable éboueur de la nature
S’il existe une grande variété de prédateurs parmi les oiseaux, tous ne chassent pas pour se nourrir. Certains sont plutôt nécrophages. Ces éboueurs de la nature ont un rôle tout aussi important que celui des prédateurs. Ils consomment des carcasses d’animaux morts, un rituel qui empêche la prolifération de bactéries et permet le recyclage des matières organiques. Les vautours sont souvent cités parmi les plus grands “nettoyeurs”. Si cette espèce était sur le point de s’éteindre en France dans les années 70, des programmes de protection ont favorisé le retour du vautour qui se porte plutôt bien actuellement. Mais tous les vautours du monde n’ont pas eu la même chance. En Afrique, tout particulièrement, le vautour de Ruppel a vu sa population diminuer de 97 %. Le constat est le même en Inde.

Pollinisation et dissémination des graines : le rôle clé des oiseaux
La pollinisation, processus essentiel à la reproduction des plantes à fleurs, est assurée en grande partie par les insectes. Toutefois, quelques espèces d’oiseaux participent elles aussi au transport du pollen et contribuent ainsi à la biodiversité et à la production alimentaire. Le colibri est le parfait exemple. Ce minuscule oiseau est doté d’un long bec fin qui lui permet de puiser en profondeur le nectar des fleurs. Il habite principalement en Amérique, mais se fait de plus en plus rare. La déforestation massive de l’Amazonie, le changement climatique, le tourisme de masse, le piégeage et l’usage de pesticides à grande échelle participent au déclin des populations de colibris.
Dans une même optique, les graines des plantes sont transportées par les oiseaux qui les disséminent ça et là, participant au développement de la végétation. Le merle noir et l’étourneau sont considérés comme de véritables jardiniers. Ils facilitent la régénération des plantes et maintiennent la diversité des écosystèmes. Mais eux aussi ont fait les frais d’une activité humaine inadaptée à la survie des oiseaux. Un tiers des merles noirs ont disparu des paysages anglo-saxons en moins de 25 ans. Là encore, l’agriculture intensive, la destruction des habitats, la prédation et le manque de nourriture sont pointés du doigt.
Les actions menées pour tenter de sauver les oiseaux en voie de disparition
Les autorités et les organismes agissent face au déclin des oiseaux, mais la mobilisation du grand public est tout aussi indispensable. Les scientifiques, appuyés désormais par une technologie avancée, peuvent concrètement mesurer les dégâts et mieux cerner les actions à entreprendre. Face à la menace qui pèse, la coopération internationale n’a jamais été aussi cruciale.
Les grands axes de la lutte contre le déclin des espèces à plumes
Face à la multitude de causes qui entraînent la perte des oiseaux, les actions ne doivent pas porter sur une seule problématique, mais sur différents points critiques. L’observation des comportements des oiseaux, le comptage de la population et la classification des espèces les plus vulnérables ont permis de déterminer les actions à mener.
Globalement, plusieurs pistes sont pertinentes :
- mettre en place des aires protégées (Natura 2000 en Europe) ;
- préserver et restaurer les habitats (interdiction en France de tailler les haies entre le 16 mars et le 31 juillet) ;
- lutter contre la surexploitation et la capture illégale des espèces (chasse encadrée) ;
- minimiser les interactions entre la faune et le développement des énergies renouvelables (implantation d’infrastructures interdite dans les zones de reproduction de la faune) ;
- revoir les pratiques de pêche et de culture (zones côtières de pêche restreintes lors de la nidification, usage limité des pesticides) ;
- conserver les zones humides ;
- développer les accords internationaux et multiplier les actions ciblées ;
- éduquer et sensibiliser le public.
Les actions nationales et internationales en faveur de la protection des oiseaux en voie de disparition
Face à l’effondrement des colonies d’oiseaux, de nombreux plans nationaux d’action (PNA) ont vu le jour. Il en existe 76 en France, dont 39 % d’entre eux sont prévus pour la protection des oiseaux. Ces directives concernent souvent une espèce en particulier et se basent sur les problématiques liées à l’espèce. Ces plans ont une durée définie, mais peuvent être prolongés si les résultats ne sont pas concluants. Ainsi, le milan royal fait l’objet d’un PNA depuis 2012 et court jusqu’en 2030. L’objectif principal est de faire revenir les milans, quasiment disparus, dans leurs habitats d’origine. À ce jour, les effets sont encourageants puisque le nombre de couples de ces oiseaux légendaires a été multiplié par cinq en Alsace en 15 ans.
D’autres initiatives de sauvegarde n’ont pas eu le même succès : la pie grièche, fortement impactée par les pratiques agricoles intensives, a fait l’objet d’un PNA sur une période de 2014 à 2018. Devant l’inefficacité des mesures prises, un second plan a dû être déployé pour renforcer les dispositions de ce sauvetage.
À l’échelle internationale, la Convention de Ramsar, visant à protéger les zones humides, a été adoptée en 1971. Il s’agit du premier traité mondial sur la protection de la nature. Les États signataires se sont notamment engagés à délimiter des zones humides protégées où nichent des espèces menacées et à communiquer régulièrement sur l’évolution de la situation. D’autres actions ont suivi à l’échelle internationale. En 1979, la Convention de Bonn a établi un cadre mondial pour la protection des oiseaux. Dans un même temps, des associations indépendantes comme le WWF et la LPO continuent à se mobiliser activement pour la survie des oiseaux. Par ailleurs, les réserves naturelles jouent un grand rôle dans le maintien des populations animales, dont les oiseaux (Réserve naturelle de l’Antarctique de l’Est, Zone de protection transfrontalière Kavango Zambezi, etc.).
Au-delà des mesures spécifiques aux oiseaux, des accords internationaux visent à protéger la biodiversité et à freiner le réchauffement climatique. La Convention sur la diversité biologique et la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique en sont deux exemples. Ces textes ont des effets bénéfiques indirects sur les populations d’oiseaux à l’échelle mondiale.
Mis à part les plans locaux et mondiaux, le concours de toute une population peut également changer la donne. La protection des oiseaux en danger passe aussi par la sensibilisation du grand public. Informer et éduquer chacun aux bonnes pratiques est un élément clé de ce combat. La tâche est simple : créer des refuges dans les jardins, bannir les produits chimiques, respecter les nids et surtout comprendre l’importance écologique des oiseaux. Sans eux, trop de nuisibles ravageraient les cultures, la dissémination des graines cesserait, tandis que les écosystèmes connaîtraient un déséquilibre notoire et les maladies se proliféreraient faute de charognards. Le chemin est encore long, car malgré les efforts, le nombre d’oiseaux en voie de disparition continue d’augmenter et les actions peinent à porter leurs fruits.


